Je suis actuellement
Animateur numérique aux Centres Sociaux Fidésiens (Sainte Foy 69110)
Pour en savoir plus vous pouvez consulter mon cv/portfolio
Ou me suivre sur linkedin

Mon portrait souriant

Notes de Septembre 2024

Un article publié le

par



Si j’ai repris le travail en Aout, la vrai reprise c’est le mois de septembre… avec son lot d’incertitudes, de nouveautés… En effet, si mon calendrier de la semaine est plutôt fixé sur certaines activités, j’attends toujours des réponses à des appels d’offres pour savoir si certains ateliers seront financés et du coup si et comment je pourrais les faire.

 

Les appels à manifestation d’intérêt ou appels à projets, ce n’est pas que demander du financement

Car c’est aussi cela la médiation numérique, préparer, organiser, produire en amont (un minimum quand même) sans savoir encore si l’action pourra être réalisée. Parce que sans financement ce temps sera utilisé pour d’autres actions, peut être plus d’accompagnements, peut être consacré à la production de ressources…

En sus, j’ai aussi ma formation de conseiller numérique sur les deux parties du titre REMN à finir – et ça demande beaucoup de travail, notamment pour boucler des rencontres, de l’analyse et de la rédaction. C’est d’ailleurs l’une des parties de cette formation que de s’intéresser a comment on va financer un projet, budget, et cet apprentissage est important car avec les financements qui vont diminuer et peut être disparaitre, l’une de nos action va être de trouver ces financements pour maintenir nos postes. C’est d’ailleurs ce qui m’a été dit lors de ma prise de poste et j’ai déjà répondu a des appels à projets, fait des demandes de financement. Cette gymnastique intellectuelle est d’ailleurs assez formatrice je trouve, au delà du financement car la façon dont je dois expliquer, présenter, valoriser un projet m’encourage à penser à comment je vais l’expliquer, comment vais je dire le pourquoi, le comment. Cela fera sûrement l’objet d’un article à l’occasion.

Mais sans financement est il possible de faire des actions ? La réponse peut être oui, si vous avez des bénévoles.

En septembre, c’est la soirée des bénévoles au centres sociaux.

Les bénévoles peuvent être pour des associations comme les centres sociaux l’opportunité de démultiplier les actions et les accompagnements. C’est donner de son temps et de son énergie pour partager ses connaissances et ses compétences. C’est une chance d’avoir des personnes comme celles-là qui sont prêtes à aider. Comme chaque année, le centre social organise une soirée pour présenter les actions que nous menons, ce que c’est d’être bénévole, comment s’engager. C’est l’un de ces moments de rencontres avec les publics où l’on va présenter ce que nous faisons, ce que je fais, comment je le fais… Et d’expliquer que ce n’est pas nécessairement un format unique. Participation à une action ponctuelle, activité régulière, valorisation d’une compétence à imaginer… Un monsieur m’expliquait avoir été informaticien à l’époque où les machines faisaient la taille d’une pièce entière… Et pourquoi pas raconter cette histoire de l’informatique à l’occasion d’un temps sur ce sujet là, peut être accompagné d’une expo, cela se discutera peut être, et on verra ses disponibilités, ses envies.

Un bénévole c’est une richesse à valoriser, imaginer avec lui ce qui pourrait être possible, ce qu’il a a envie ou lui proposer quelque chose pour lui donner envie. L’implication peut se penser en terme de temps, en terme de compétences, en terme d’apprentissage aussi. Cela peut être pour lui l’occasion de découvrir des outils, des possibilités, des publics.

Et la confiance est en cela centrale car le cadre doit être rassurant pour qu’il aie envie de s’engager et qu’il ne se retrouve pas en difficulté. Car les publics ne sont pas toujours simples.

La médiation ce n’est pas toujours simple : quand la confiance manque

Si le mois dernier j’évoquais une trop grande confiance, ce mois-ci, j’ai eu deux personnes avec qui la médiation été ou va être un peu compliquée.

Commençons par celle qui a été, une médiation sociale durant laquelle il fallait faire une demande d’aide sur le site internet d’une administration… Mais le site ne fonctionnait pas correctement. En gros, on arrive à la dernière partie d’une démarche qu’on a déjà fait de nombreuses fois, j’ai montré à la personne les différentes étapes…même si elle n’y prêtait que peu attention étant plus dans le “faites à ma place” que dans le “je pourrais devenir autonome”. Cela ne me pose aucun souci que la personne ne souhaite pas du tout se lancer dans cette action toute seule, la peur de “mal” faire est régulièrement une inquiétude exprimée… et parfois cela n’intéresse tout simplement pas la personne de savoir faire.

Arrivés à la fin… le site affiche une erreur et demande de réessayer plus tard. Je la préviens qu’un bug semble bloquer la procédure, mais on va réessayer. Et je vais réessayer 4 fois. Mais selon la personne c’est que je ne sais pas faire, il faut demander à ma collègue qui “elle elle sait faire”, collègue qui ne fait pas ces démarches et ne s’occupe pas de numérique. Ma collègue n’est pas présente, je lui explique qu’on a bien fait la démarche mais que visiblement le site à un souci et que ce n’est pas le rayon de ma collègue mais le mien… que j’ai déjà du faire plusieurs dizaines de fois cette procédure… quand ça marche

Non, c’est que je ne sais pas faire. Comment répondre dans ce cas là ? Je lui dit que puisque le site ne veut pas fonctionner, je vais imprimer la demande et la remplir au format papier. On à déjà dépassé le temps affecté à cette médiation, mais je ne veux pas laisser madame sans solution. Le dossier est rempli, j’imprimes les documents nécessaires pour aller avec. Et on va tester une 5e fois, et une 5e fois ça ne fonctionne toujours pas.
Décidément je ne sais pas faire.

Je sens bien qu’il y a quand même de la peur derrière cette agressivité, mais la médiation cela doit rester dans un cadre respectueux. J’aurais pu arrêter la médiation et rediriger madame, mais cela n’aurait rien changé à la situation. J’aurais pu m’énerver de ce manque de respect. J’ai juste rappelé madame que si elle était venue c’est parce qu’elle faisait confiance à ma collègue et ma collègue me faisait confiance à moi. Mais que si il y a une impossibilité technique, qui que ce soit n’y pourra rien. On est donc toujours sur des questions de confiance… mais cette fois ci dans l’autre sens.

J’anime par ailleurs des ateliers financés par la Carsat pour accompagner des seniors dans l’usage des outils numériques.
L’une des dames qui s’est inscrite m’annonce qu’elle n’a pas d’ordinateur, pas de smartphone, juste un téléphone à clapet… et qu’elle n’aime pas l’informatique, le numérique et tout ça. Elle n’en voie pas l’intérêt, mais en gros “elle est venue voir”. Si l’atelier n’était pas collectif, ça ne serait pas vraiment un souci, je vais essayer d’accompagner madame du mieux possible malgré le manque d’équipement et d’appétence. Mais dans une formation en groupe, ça va être plus compliqué de lui consacrer un temps qui ne sera pas celui du groupe, déjà équipé et déjà un peu aguerri. Au delà c’est comment l’aider. Si vous ne souhaitez pas utiliser ces outils, comment allez vous être motivée pour vous impliquer dans cet apprentissage ?

Alors on va y aller à pas mesurés, montrer, espérer qu’elle y trouve finalement un intérêt. Mais cette fois ci encore c’est un manque de confiance qui prédomine. Manque de confiance en l’outil pour madame, manque de confiance en le fait que madame s’engagera dans l’acquisition de ces compétences là… si elle n’en voit pas l’intérêt.

Oui, être conseiller numérique ce n’est pas facile tous les jours

Le webinaire et les études sur les CNFS

C’est aussi ce qui ressort des rapports sur le dispositif conseillers numériques, rapports issus de 2 études, qui permettent d’analyser la diversité à tous les niveaux de “l’expérience”. Diversité des structures, des attentes, de la maturité des organisations et collectivités, des moyens, des demandes, des modes d’organisation. J’ai eu la change de participer à l’une de ces études, celle menée par Pierre Mazet, dans laquelle je témoignais de mes pratiques, entre celle du Pimms et celle des centres sociaux.

Au delà de toutes les informations présentées, je retiens notamment cette conclusion :

On ne peut exclure qu’une manière de ‘ communauté Conum ) se soit constituée : il est néanmoins difficile d’en mesurer le périmètre réel, d’en identifier les membres actifs, et de sonder la profondeur réelle de ce sentiment d’appartenance – compte tenu de la variété des positions professionnelles dans lesquels sont les Conum, dont certain. e. s n’ont pas vu leur contrat renouvelé ou n’ont pas voulu le renouveler. La fonction de Conum n’est pas un statut, mais renvoie d’abord à un mode de financement. Les objectifs de professionnalisation de la médiation numérique initialement visés par le dispositif (même en laissant de côté ce qui est apparu comme un échec de la formation), ne pourront être mesurés que dans le temps, selon le parcours des individus, les suites données au dispositif localement, et la prise en compte de la question de l’inclusion numérique sur les territoires.
Source :
https://labo.societenumerique.gouv.fr/documents/34/Rapport_recherche_Conum_Enquête_qualitative_volet_2_DOjpRcG.pdf

J’y retrouve à la fois le ressenti et cette expérience commune a ceux qui sont dans cet “univers”, certains sont partis, certains n’ont pas été renouvelés, victimes de choix budgétaires qui sont finalement des choix politiques. L’inclusion numérique n’est pas perçue comme différente d’une action “sociale”, et j’ai entendu des collègues à qui l’on disait que le social “ne rapportait pas” donc on ne “continuait pas”. Vision comptable qui malheureusement est celle que la médiation subit là où son impact est bien plus au niveau de l’humain. La dématérialisation des démarches administratives et ses corolaires est aussi une dématérialisation de la relation au publics, aux administrés de ces décideurs qui ne perçoivent finalement ces relations qu’au travers de données.

Pour retrouver plus d’informations sur ces études sur les CNFS (devenus Conums)

https://labo.societenumerique.gouv.fr/fr/articles/bilan-et-impact-du-disposition-conseiller-numérique/

Cela explique aussi peut être aussi pourquoi il n’est pas toujours simple que nos directions acceptent que nous participions à des moments comme le NEC qui avait lieu fin septembre.

De la difficulté à sortir de nos structures

C’est un constat que je fais depuis un moment déjà, à la fois en terme de nombre de participants à des temps communs locaux mais aussi dans l’autre sens à des évènement nationaux… Sortir de sa structure n’est pas simple, ou parce qu’on se concentre sur le travail fait dans sa structure et qu’on ne voit pas l’intérêt d’aller voir ailleurs, ou bien parce que les structures ne voient pas l’intérêt de nous laisser participer à des évènements. le 25-26 septembre avait lieu le NEC 2024, pour Numérique En Commun. Mais c’est quoi allez vous me dire pour ceux qui découvrent :

À l’initiative de l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires, Numérique en Commun[s] est la démarche qui permet de construire un numérique d’intérêt général : ouvert, inclusif, accessible, durable, souverain et éthique. Plusieurs temps permettent de mobiliser la communauté ainsi constituée, de produire une culture partagée, d’outiller les professionnels et de les accompagner concrètement dans leurs missions de terrain.
Source : https://numerique-en-communs.fr/la-demarche/

Si les NEC ne se limitent pas à cet évènement national, c’est un moment important.

Le 8 octobre, ce sera la rencontre Res’in menée par le Réseau d’Inclusion Numérique de la métropole de Lyon. Notre NEC local dirons nous. Je vous ferais un retour sur la rencontre dans un prochain article. Le fait est que de nombreux médiateurs ne participent pas, pas plus qu’aux temps intermédiaires et autres rencontres, webinaires… Difficile de lier contact, d’avoir une réelle interconnaissance, même entre structures d’un même réseau. Parfois parce qu’on ne sait pas qu’il se passe quelque chose (webinaire) ou parfois parce qu’on n’a pas le temps, ou parfois l’envie. Et parfois parce que ce temps n’est pas perçu par la structure (ou les structures, pour ceux qui sont à cheval sur plusieurs d’entre elles) comme apportant une valeur ajoutée.

Alors que ces moments favorisent les échanges de pratiques, favorisent l’essaimage de projets, d’actions, permettent de faire connaitre des projets menés. C’est un travail sur lequel j’ai moi même envie de m’engager et j’en reparlerais (oui, je sais trop de projets, pas assez de temps, pas encore de clone disponible)… Et avec tout ça, j’ai un peu pris du retard sur la production d’une ressource justement. On reparlera du titre professionnel et de la formation en novembre, une fois la formation terminée, et le passage devant le jury passé.

Bref, voilà pour Septembre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RSS
Follow by Email
LinkedIn
Share
WhatsApp