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Comment construire une datawalk

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Une balade numérique peut se mener de bien des façons, tout dépend sur quelles thématiques vous voulez axer votre balade. Les informations, les lieux, les points d’intérêt et les itinéraires seront différents.

Comme je l’ai écrit, l’idée était de proposer quelque chose de différent des actions que je mène généralement au Centres Sociaux. A partir du moment où l’idée de la datawalk était là, il a fallu la penser en fonction des contraintes de mon territoire… et de mes publics.

Pour construire ce projet de balade, je ne suis pas tant partit des finalités que de l’analyse de ce que je pouvais trouver sur mon territoire, à la fois en tant qu’équipement que d’informations. Vouloir parler de thématiques sans savoir si vous allez avoir les éléments pour supporter votre discours, c’est le premier écueil à éviter pour organiser sa datawalk.

Trouver l’information, organiser un parcours

J’aurais donc comme d’habitude pu arpenter mon territoire pour repérer les lieux et commencer à construire le parcours, mais quand on veut parler de la matérialité de quelque chose qui n’est pas toujours visible comme le numérique, il faut pouvoir déjà l’identifier.
J’ai donc commencé par me renseigner sur ce à quoi pouvait ressembler une armoire fibre, car si j’en avais déjà croisé et identifier parce qu’elles étaient ouvertes, une armoire fibre fermée c’est plus discret.

J’ai ensuite été chercher l’emplacement des antennes pour les réseaux mobiles, noeuds de réseau etc… sur des cartographies que j’avais découvertes à l’occasion de mon diagnostic de territoire.

Si certaines infrastructures sont plutôt faciles à trouver, c’est surtout l’arpentage qui va permettre de trouver d’autres éléments qui vont aider à tracer et inspirer le parcours.

Pour d’autres capteurs, j’ai cherché dans la presse, et découvert qu’il y avait un capteur à pollens qui était relié à un réseau national par exemple :
https://www.leprogres.fr/rhone/2016/06/19/le-principe-du-capteur-de-pollen

L’une de mes idées était de voir si la mairie disposait d’informations pouvant m’être utile dans le cadre de cette datawalk, mais je n’ai pas eu de retours (pour cette fois), même si j’ai mis en avant leur projet de piloter à distance l’éclairage urbain tout en ayant des remontées d’informations depuis ceux-ci :

Les lampadaires de l’éclairage public sont alimentés par groupes à partir d’armoires électriques (95 armoires dans la ville). Tous ces équipements sont télégérés depuis un ordinateur que l’opérateur peut piloter (programmation, modifications, coupures ponctuelles, etc). Le système procure également des remontées d’informations en temps réel (consommation électrique, pannes, etc). Mieux : dans le Plan Lumière qui va être déployé, 50 % des points lumineux seront télégérés au lampadaire près ! L’opérateur pourra régler les profils nocturnes de manière précise et ciblée, mais aussi agir en cas d’événement prévu ou imprévu (une manifestation culturelle, un accident…).
Source : https://www.saintefoyleslyon.fr/app/uploads/2023/11/Plan_lumiere.pdf

Comme quoi les capteurs ne sont pas toujours là où on les attend… ou là où on les voit.

 

Mes choix : histoire, matérialité du numérique, évolution des usages

Au-delà de montrer cette matérialité du numérique et d’évoquer les coûts de celui-ci (énergétiques, environnementaux), j’ai voulu mettre deux aspects en avant pour ma propre version de la datawalk. Encore une fois ce choix est à la fois dû à la “configuration du terrain” mais aussi à un tropisme personnel. J’ai notamment organisé ma balade en partant d’un angle historique, chronologique (pas trop étonnant pour un ancien historien).

Pourquoi ais je parlé de configuration du terrain ?
Dans la construction de votre datawalk, vos devez avoir comme nous l’avons vu répertorier les équipements, lieux, éléments techniques qui vont nourrir votre discours. En fonction de ces données, vous aurez quelque chose qui se dégage peut-être, ou a contrario, un manque d’éléments. Pas ou peu de capteurs ? Vous n’allez pas parler de cet aspect.
En ce qui me concerne, j’ai la chance à Sainte-Foy-lès-Lyon d’avoir une ancienne tour Chappe.

Le télégraphe Chappe (ou télégraphe aérien) est un moyen de communication (télégraphe) visuel français par sémaphore effectif sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres, inventé par le Français Claude Chappe en 1794. Les sémaphores sont en général placés sur des tours dites tours Chappe.

Aujourd’hui, seuls une vingtaine d’exemplaires de télégraphe Chappe subsistent en France, dont certains dans un état précaire (mécanisme disparu).
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9graphe_Chappe

Partant de cet aspect particulier de mon territoire (et ça vous rappelle combien l’étude du territoire et l’arpentage sont utiles), j’ai donc pensé à la fois mon discours mais aussi le parcours de ma datawalk.

Associer une histoire de la technologie de communication et d’informations et le numérique c’était assez logique (surtout quand on parle de câbles) car cela correspond aussi aux équipements que j’ai sur le territoire et sur l’information que je vais transmettre.

Nous avons donc déambulé et parlé de télégraphe à la tour Chappe, mais aussi des évolutions des modes de connexion sur le réseau cuivre lorsque nous avons croisé des armoires du réseau téléphonique, puis de la fibre avec les armoires fibres. C’était donc l’occasion par ce biais de raconter les connexions par modems 33.6, puis l’arrivée de l’ADSL, la fin de l’ADSL et l’arrivée de la fibre. Une première façon de raconter l’évolution de nos modes de connexion à internet. Mais aussi de quels usages sont apparus au fur à mesure que le débit augmentait. C’était l’occasion de parler streaming, temps passé en ligne etc… En cela le baromètre du numérique est très utile !

Bien évidemment ce n’est pas la seule chose dont nous avons parlé, c’était l’un des fils que j’ai tirés à l’occasion de cette balade et cela peut être un angle pour vous si votre territoire s’y prête. J’ai par exemple évoqué aussi les antennes présentes dans la ville pour les réseaux mobiles, celles des bornes du réseau de transport en communs métropolitains, le capteur à pollen présent sur le toit d’un hôpital

Rappelez-vous surtout qu’il n’existe pas “une” façon de faire, mais que vous pouvez adapter cette démarche à ce qui va intéresser votre public ou qui sera en adéquation avec ce qui est présent ou pas dans les parcours que vous pourrez proposer.

 

Après la balade

Les retours des participantes sur cette balade ont été très positifs. Pourquoi ?
L’aspect “innovant” de la balade, qui leur a permis de redécouvrir la ville sous un angle différent. Cela n’est peut-être pas le plus important pour le médiateur, mais pour ces personnes qui font régulièrement des marches, cette nouveauté était importante.
Ce qu’elles ont appris : ces objets du numérique présents dans la ville, la matérialité du numérique et l’histoire des usages. Cela n’a pas été uniquement une balade, mais un temps de découverte, d’apprentissage. Elles ne voient plus ces éléments de “mobiliers” urbains de la même façon.
Une prise de conscience de la présence des capteurs, même si sur notre parcours il y en avait assez peu, mais la compréhension de leurs rôles et des données produites et de comment elles pourront être utilisées ont donné à réfléchir.
Au-delà des retours très positifs des personnes qui ont participé, une participante m’a demandé quand est-ce qu’on en ferait une autre, ce qui m’a doublement fait réfléchir. Est-ce que je vais changer de thématique, de fils rouges, ou bien est-ce que je vais changer de territoire.

Du point de vue du médiateur, cette balade numérique est une autre façon de découvrir son territoire, un autre genre d’arpentage qui permet aussi de voir sa ville sous un angle différent. C’est aussi un travail qui peut à différents niveaux vous permettre de travailler des relations partenariales, puisque certains capteurs ou certains équipements dépendent de la municipalité, peut-être d’autres acteurs. Par ailleurs cela peut aussi être l’occasion de mener cette forme d’animation avec d’autres acteurs ou médiateurs, de le repenser différemment avec peut-être d’autres publics, scolaires, collégiens, professionnels voir avec vos collègues ou partenaires !

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