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La datawalk, concept et histoire

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En Novembre 2024, à l’occasion de la deuxième semaine du numérique, j’ai menés plusieurs types d’ateliers, mais j’ai surtout voulu changer un peu par rapport à l’année précédente et j’ai donc proposé une idée que j’avais en tête depuis longtemps, une balade numérique dans les rues de Sainte Foy lès Lyon.

J’ai déjà parlé de la notion d’arpentage et de mes propres pratiques en ce sens, mais là il était question d’autre chose, de faire quelque chose de plus spécifiquement lié au numérique et de structuré, une pratique qui s’appelle le datawalk.

Dans cet article je vais vous proposer de découvrir ce que sont les datawalk, d’où vient l’idée et quelle est leur utilité/finalité. Dans un second article, je vous expliquerais comment j’ai organisé ma propre datawalk sur mon territoire, information, organisation pour pouvoir répliquer cette action.

 

La datawalk, concept et histoire

La première fois que j’ai entendu parler de datawalk remonte à 2022 quand je suis tombé sur le site du Knowledge Centre Data & Society :

Le Centre de connaissances rassemble des connaissances et une expérience sur ce sujet, adaptées à l’industrie, aux politiques, à la société civile et au grand public. Plus précisément, il comprend :
Diffuser des informations et des connaissances sur les aspects éthiques, juridiques et sociaux des applications basées sur les données et de l’IA. Toutes les publications sont accessibles au public et visent à créer un impact positif et proactif entre ces innovations et notre société.
Promouvoir des initiatives structurelles qui renforcent le développement de la vision et valorisent les opportunités sociales et économiques des applications basées sur les données et de l’IA parmi les gouvernements, l’industrie et d’autres acteurs sociaux.
Stimuler la sensibilisation du public et le débat sur les avantages et les inconvénients ainsi que sur les aspects sociaux, éthiques et juridiques des applications basées sur les données et de l’IA, dans toutes les couches de la société.
Construire et soutenir un réseau et un environnement d’apprentissage pour les parties prenantes, et renforcer la collaboration entre les différents niveaux politiques et acteurs. (…)
Source : https://data-en-maatschappij.ai/en/mission

Si je ne me rappelle plus comment je suis arrivé sur ce site, je me suis rendu compte que l’idée n’était pas vraiment récente puisqu’elle existait en 2010 sous la forme d’une atelier nommé :

Systèmes/Couches est un atelier-promenade d’une demi-journée, divisé en deux parties. La première partie est consacrée à une promenade lente et réfléchie dans un quartier relativement dense et construit de la ville. Nous recherchons des apparitions du numérique en réseau dans le physique, et vice versa : des ouvertures par lesquelles les événements du monde réel influencent la « météo du réseau », et des contextes dans lesquels cette météo influence ce que les gens voient, affrontent et peuvent faire.
Il est demandé aux participants de prêter une attention particulière à :
– Lieux où les informations sont collectées par le réseau.
– Lieux où les informations en réseau sont affichées .
– Lieux où les informations en réseau sont exploitées , soit par des personnes directement, soit par des systèmes physiques qui affectent les choix qui s’offrent aux personnes.
Source : https://speedbird.wordpress.com/2010/05/10/how-to-bring-a-systemslayers-walkshop-to-your-town/

A cette époque, il est déjà question de chercher à rendre visible la matérialité du numérique dans les rues des villes puisque dans les pré requis il y a la recherche de capteurs, d’affichages numériques. L’idée est aussi de rendre visible l’exploitation de ces données notamment dans le cadre de ce que l’on a appelé les smart cities qui ont été en vogue vers 2008 notamment. Pour simplifier énormément, il s’agissait entre autres d’équiper les villes de nombreux capteurs pour la gérer au plus près des besoins des habitants, via un pilotage distant et centralisé.

En ce sens, les capteurs ont pu “pousser” un peu partout dans certaines villes, et la question de cette gouvernance par les données à pu faire naître l’idée de questionner cette vision de la ville.

Si le concept de smart city vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus :
https://www.youtube.com/watch?v=TZCSwCc7Jy0&ab_channel=FranceCulture

Cette idée est ensuite reprise notamment par Alison Powell, professeure adjointe en médias et communication à la London School of Economics and Political Science où elle dirige le master en données et société qui présente son action sur son blog :

Je m’intéresse aux communautés et à la citoyenneté à l’ère de la « ville intelligente » . Comment nous unissons-nous grâce aux médias que nous utilisons ? Comment construisons-nous nos propres réseaux (infrastructures, relations) et comment influencent-ils notre expérience du militantisme, de la politique et de la gouvernance ? Comment l’histoire des médias communautaires peut-elle nous donner l’espoir de villes intelligentes plus citoyennes ? Et quelles préoccupations devrions-nous avoir concernant la citoyenneté dans le contexte de la datafication ? (…)

J’ai développé une méthodologie participative – le Data Walk ou Data Walkshop – pour ouvrir des discussions citoyennes sur les données et leur éthique en milieu urbain, et j’ai documenté le processus afin que d’autres puissent s’y intéresser. Ce processus a été utilisé pour faire émerger des connaissances civiques à Vancouver, Montréal, Rotterdam, Londres, Copenhague et Accra.
Source : https://www.alisonpowell.ca/?page_id=71

Pour en savoir plus sur ses actions :
Alison Powell and Garnet Hertz go for a Datawalk in Vancouver
https://www.youtube.com/watch?v=X8NtDLufj3M

Elle a aussi documentée sa méthode sur ce site internet :
https://www.datawalking.uk/

 

La datawalk ou “promenade de données” citoyenne

Je préfère le terme de promenade de données que de balades numériques qui peut avoir des sens différents en France, les balades numériques représentant des parcours touristiques où le numérique peut “augmenter” la visite.

En effet, cette promenade prend plus la forme d’une visite “guidée” par un médiateur par exemple pour “faire voir” la présence du numérique dans notre environnement physique urbain, un genre de surcouche invisible ou peu perceptible car les capteurs, armoires, réseaux sont rarement visibles ou identifiables.
Au-delà c’est la question des données qui sont collectées, par qui, comment, pourquoi, et pour quelles finalités. C’est cet axe citoyen et participatif qui est le 2e enjeu de cette démarche et de cette déambulation. En permettant aux participants de repérer, identifier les capteurs, les équipements, il s’agit de rendre visible cette présence du numérique dans notre environnement urbain. Il est possible ainsi de choisir alors quelles thématiques on souhaite mettre en avant avec ce format.
Les différents exemples ci-dessous vous donneront une vision des choix qui ont pu être fait en termes de mise en avant de thématiques. Dans le prochain article, je vous expliquerais mes propres choix.

 

Des expériences dans différentes villes

Ces expériences de datawalk ont aussi été pratiquées ailleurs, notamment par le regretté Chaudron.io à Paris, mais c’est surtout en Belgique que cette pratique s’est développée :
En 2021 et 2022, le Centre de connaissances Données et Société, le centre de recherche imec-SMIT, la VUB et le projet de science citoyenne amai! ont organisé plusieurs Datawalks. La méthodologie, développée par Alison Powell, a été utilisée, entre autres, dans le cadre du projet SPECTRE.

Un petit aparté rapide sur ce projet spectre :
SPECTRE signifie « Smart city Privacy: Enhancing Collaborative Transparency in the Regulatory Ecosystem ». Il s’agit d’un projet de recherche interdisciplinaire financé par la FWO (Fondation flamande pour la recherche). SPECTRE est soutenu par deux universités belges (KU Leuven et la Vrije Universiteit Brussel), ainsi que par diverses parties prenantes.
SPECTRE s’intéresse aux multiples implications du développement des villes intelligentes en matière de protection de la vie privée. Il examine ces défis sous l’angle du droit, des sciences sociales et de l’économie. L’objectif principal du projet est de développer une méthode collaborative d’évaluation de l’impact sur la protection des données (AIPD) pour les villes intelligentes, qui prendra en compte les intérêts socio-économiques des villes.
Source : https://spectreproject.be/

Plus récemment c’est l’institut de recherche bruxellois FARI, spécialisé dans l’intelligence artificielle pour le bien commun, qui a développé un programme de datawalks dans la capitale belge. J’ai découvert cette action lorsque Léa Rogliano, qui dirige le pôle d’engagement citoyen de l’Institut FARI-AI for the Common Good a lancé un programme pilote qui engageait les EPN (Espaces Publics Numériques) et associations de terrain à participer.

En avril 2024, TEDxBrussels a organisé un événement « Datawareness » toujours au FARI AI Institute, qui permettait une exploration immersive de la collecte de données dans l’espace public et de l’impact de l’intelligence artificielle.
Pour commencer cette journée, cela commençait par un Data Walk à travers les rues de Bruxelles, où les participants, divisés en trois groupes, découvraient la relation entre la collecte de données et son influence sur la ville. Au terme de cette balade, de retour au FARI, les participants ont pu discuter de l’usage de ces données dans les intelligences artificielles entre autres.

En septembre 2024, c’est à l’occasion du Numérique En Commun de chambéry en 2024, qu’une autre datawalk est proposée aux participants par Cécile Diguet, fondatrice du Studio Dégel et Thomas Thibault, co-président du Mouton Numérique :

Explorer la matérialité du numérique au détour des rues de Chambéry
Venez explorer les infrastructures numériques de la ville de Chambéry, depuis le site de NEC jusque dans les quartiers environnants ! L’occasion d’aborder leurs enjeux écologiques.Cet atelier prendra la forme d’une promenade urbaine commentée par deux spécialistes de l’empreinte environnementale du numérique : une urbaniste et un designer. Des représentations visuelles et physiques de données viendront ponctuer cette balade.
Source : https://programme.numerique-en-communs.fr/nec-2024/sessions/agenda?session=6694d9960ba4a0a1f3857d1b

 

Pour en savoir plus :
si vous souhaitez une méthodologie et ne souhaitez pas attendre le prochain article sur le sujet, vous pouvez lire (en anglais) ce document qui détaille bien les étapes de la démarche https://data-en-maatschappij.ai/uploads/VUB-Datawalk-gids-ENG-v3-digitaal-paginas.pdf
Le process d’Alison Powell
https://www.datawalking.uk/

Dans le prochain article, je vous raconterais comment j’ai conçu ma propre datawalk : quelles contraintes, quelles thématiques, comment j’ai trouvé les informations, quelles difficultés j’ai rencontré et comment elles ont impacté mes choix et quels retours des participant(e)s

Une réponse à “La datawalk, concept et histoire”

  1. Avatar de RAUCH Lionel

    Vivement le prochain article pour voir comment mettre ça en place par chez moi ! Le sujet est très intéressant !

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