Je suis actuellement
Animateur numérique aux Centres Sociaux Fidésiens (Sainte Foy 69110)
Pour en savoir plus vous pouvez consulter mon cv/portfolio
Ou me suivre sur linkedin

Mon portrait souriant

Vis ma vie en ligne

Un article publié le

par



Même des émissions de télévision un peu pourries a mon goût peuvent nous donner des idées, la preuve en est cet article et ce projet… Se mettre à la place de, ce n’est pas évident. Principalement parce qu’on ne connaît pas. C’est pourtant un peu le principe de cette expérience sociale, de cette médiation numérique que j’imagine et que je vous propose de découvrir.

Cette idée m’a aussi été inspiré par cette publicité bouleversante que les norvérgiens ont créée il y a quelques années. Parce qu’elle parle d’éducation… et que cet atelier c’est aussi cela, éduquer à la vie en ligne.

Cette idée ne se base pas sur le principe d’un jeu de rôle, même si cela s’en approche. Les jeux de rôle sont des outils intéressants en terme de formation pour permettre aux participants de simuler des situations professionnelles ou sociales ou en thérapie pour aider les personnes à explorer et à résoudre des problèmes personnels ou interpersonnels, entre autres.

En général le jeu de rôle intègre une structure narrative… ici il s’agit plus de se projeter dans une autre identité.

 

D’abord, Scout, un petit truc pour que tout se passe mieux entre les autres, quels qu’ils soient, et toi : tu ne comprendras jamais aucune personne tant que tu n’envisageras pas la situation de son point de vue […] tant que tu ne te glisseras pas dans sa peau et que tu n’essaieras pas de te mettre à sa place.
Harper Lee : “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur”

 

Vivre la différence

Afin de faire comprendre comment une personne est perçue en fonction de son sexe, de son origine, de ses particularités, de ses difficultés, il peut être imaginé de proposer d’investir des personnas sur des réseaux sociaux, des forums pour expérimenter ce vécu et ainsi apprendre et comprendre leurs vécus.

Le principe de l’émission était de faire vivre a deux personnes pendant un temps la vie de l’autre, sous l’œil voyeur du téléspectateur qui pouvait ainsi profiter des déboires des uns et des autres. Ce type d’émissions a connu d’autres noms et formats, mettant en scène un patron avec ses salariés par exemple, je n’ai jamais accroché et pourtant cela a été a l’origine de cette idée que je vous présente aujourd’hui.

La vie en ligne est quelque chose de très intimement lié à l’image que nous voulons donner de nous même, les réseaux sociaux sont a la fois le lieu de cette exposition et s’en nourrissent pour mieux nous faire rester dans leu giron. Rien de nouveau… là où j’imagine un intérêt c’est de détourner cette vie en ligne pour la transformer en expérience du vécu, du ressenti d’une personne dans une situation différente de la nôtre.

Comment pourrais je savoir ce que c’est d’être une femme, une personne en situation de handicap, un senior (bon, ça je peux commencer un peu), un adolescent, une personne LGBT, d’une origine différente de la mienne ou bien n’étant pas dans ces situations. La liste que je viens de faire peut paraitre choquante, car j’ai volontairement choisies des situations qui correspondent à la fois a ce que je ne suis pas mais aussi à des catégories qui sont plus souvent la cible de comportements désagréables pour rester gentil quand ce n’est pas subir des harcèlements.

On ne mesure pas ce que cela peut être d’être ce que l’on n’est pas car il n’est pas vraiment possible de l’expérimenter. Sauf a devoir gérer pendant un temps des rôles, des personnages dans lesquels nous pourrions nous fondre le temps de cette expérience. Faire vivre à un groupe l’expérience d’une personne est encore plus complexe, on ne peut pas vraiment faire ce genre d’immersion. L’utilisation d’un personnage construit ensemble (parce que le groupe se sentira plus investit dans cette expérience si vous le rendez acteur, participant) c’est la première étape.

 

 

Le faux profil pour une vrai expérience

Faux profils sur des réseaux sociaux ou des applications (de rencontres ou autres), forums, quels que soient les lieux de socialisation en ligne choisis, l’idée est de faire ressentir ce qui peut être vécu et peut être de développer une plus grande empathie et une plus grande vigilance dans les comportements, y compris les nôtres.

Il faut donc fixer le cadre de l’expérience :

  • Quel(s) personnage(s) le groupe veut investir
  • Quels sont les objectifs en investissant ce personnage en ligne
  • Comment ce personnage va t il se présenter, s’exprimer, quel sera son visage
  • Quel outil choisir pour générer le visage
  • Quel réseau social, forum ou application choisir
  • Quelle durée et quelles modalités pour ce temps
  • Comment va t on mesurer ce qui est ressentit par les participants
  • Un support va t il être produit au terme de l’expérience

Le groupe peut vouloir ajouter d’autres éléments, ce format doit rester ouvert aux propositions. Il est important tout de même de préciser la finalité. Le but n’est pas de donner des leçons, de moraliser les comportements selon “ma” vision des choses mais de se mettre pendant un temps a la place de l’autre. Jouer le rôle d’un homme senior pour une jeune fille ou bien celui d’une petite fille pour un homme adulte permet aussi de se rendre compte de ce que l’autre peut vivre et ça ne sera pas rassurant.

J’imagine créer ce type d’atelier avec un travail en groupe car il va être important de parler de ce qu’on va ressentir, de ne pas être seul derrière son écran avec ce qui pourra être reçu. Ce travail ne devrait pas selon moi être mené seul par un médiateur numérique car ce n’est pas son rôle de gérer certains aspects de ce travail et je recommande d’y associer des professionnels de la santé pour accompagner au mieux les émotions et expliquer celles-ci. Sur un format tel qu’evoqué.

Le travail peut se faire sur une durée plus ou moins longue en gardant toujours une distance nécessaire avec le personnage créé, il conviendra donc de bien clore l’atelier par un temps de déconnexion et de partage.

Le médiateur numérique devra permettre la création des personnages, gérer l’aspect technique mais aussi documenter cette expérience en restant sur possible un peu extérieur à l’expérience. A la fois car l’impact de cette expérimentation en termes d’émotions, de frustrations peut brouiller le but qui est de questionner nos représentations de ce que vivent les autres en ligne mais aussi doit rester dans ce cadre délimité.

 

 

Une plongée qui n’a pas seulement a être sur des questions de comportements

Si l’idée première est de questionner les comportements et les ressentis, il est aussi possible d’utiliser des outils ou de créer des situations pour permettre de s’approcher des difficultés que rencontrent les personnes en situation de handicap ou de déficiences en ligne ou avec les outils numériques.

Ces ateliers peuvent à la fois être menés avec des publics mais ils trouvent aussi leur sens dans des ateliers a mener entre médiateurs par exemple, entre professionnels accompagnant des publics voir avec des professionnels qui doivent créer des supports de communication afin qu’ils intègrent de façon plus concrète dans leur réflexion les questions d’accessibilité.

Dans ce cadre, l’atelier peut avoir plusieurs finalités :

  • Apprendre a mener des ateliers, créer des supports, des outils adaptés
  • Apprendre à intégrer des outils pour préparer ces ateliers ou supports
  • Préparer un atelier pour un public concerné
  • Découvrir des outils pour ces publics ou travailler ensemble à les concevoir

C’est aussi l’occasion d’organiser un atelier avec ces publics car qui mieux qu’une personne ayant une déficience visuelle par exemple pour vous aider à construire cette expérience. Il ne s’agit pas seulement d’être inclusif, mais d’inclure dès la conception. En cela il ne faut pas se limiter aux questions de handicaps, mais cela peut tout à fait être utile pour penser à produire pour des publics en situation d’illettrisme, d’analphabétisme. Utiliser un alphabet que nous ne connaissons pas, créer des signes, des panneaux qui n’existent pas et devoir apprendre à les connaître, imaginer des stratégies pour pouvoir s’en sortir.

 

En conclusion

Apprendre a comprendre ce que ressentent les personnes dans une situation différente de la nôtre.

Pouvoir éventuellement évoquer des situations vécues a cette occasion avec des personnes de son entourage qui sont dans cette situation afin de confronter ce que nous croyons avoir appris et peut être se rendre compte qu’il y a encore a apprendre. Il ne manque pas de portes à ouvrir, d’expérimentations.

J’avais imaginé et tenter d’organiser un projet proche, ayant appris qu’une personne dans une médiathèque proche de mon lieu de travail pouvait s’exprimer en langue des signes. Je voulais proposer par exemple des temps de méditation en langue des signes mais le projet n’a pu se concrétiser a la fois parce que je n’ai pas eu de retours… et parce que mon contrat se terminait et que je ne pouvait poursuivre. Tout cela est venu nourrir ce projet. Si ça vous tente, faisons le ensemble ou reprenez l’idée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RSS
Follow by Email
LinkedIn
Share
WhatsApp